Le TDAH de mon fils : bilan après 8 ans de traitement.

Publié le 24 janvier 2018 par Mamanathome

Mon fils ainé a été diagnostiqué par une neuro-pédiatre en novembre 2010, comme présentant un TDAH ou trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité. Il était en classe de CE2. Nous avons mis très longtemps avant de prendre la décision de lui administrer un traitement chimique, ce n'est pas chose aisée que de décider de droguer son enfant. Parce que ne nous voilons pas la face, c'est bien de cela dont il s'agit; ces médicaments sont des amphétamines classés dans la catégorie des stupéfiants. Cela a été d'autant plus difficile qu'il n'était pas non plus complètement ingérable.

Mon fils a aujourd'hui 15 ans, il est en seconde et a jusque là eu une belle scolarité, en étant toujours dans le peloton de tête. Il pense s'orienter vers une 1ère scientifique l'année prochaine ce que les professeurs valident. C'est un adolescent intelligent, dynamique, sportif, heureux, drôle, généreux, attentionné, serviable et très empathique. Il parle beaucoup pour ne rien dire et est plus tempéré pour ce qui est d'exprimer ses sentiments, même s'il se confie sans crainte à nous pour partager ses émois. Il adore passer du temps dans sa chambre à mixer et ça fait 3 ans que ça dure. Il est plutôt solitaire même s'il apprécie la compagnie de copains, mais plutôt au sein du lycée, il est rare d'en croiser à la maison.

Cela fait donc 8 ans maintenant qu'il est suivi et prend du Concerta et de la Ritaline, pour ne pas les citer. 8 ans que nous sommes ravis d'avoir fait ce choix, 8 ans qu'on le voit vivre mieux en classe et avec les autres aussi. Les résultats ne s'étaient pas fait attendre bien longtemps, puisque dès la première semaine il s'était senti plus calme et posé, avec beaucoup plus de facilité à se concentrer, mieux avec ses camarades également qui le "jetaient" moins pour le citer. Il a très vite apprécié de ne plus se faire rappeler à l'ordre ou punir par son institutrice toutes les 10 minutes.

Cela n'a pas été un long fleuve tranquille

Je ne peux cependant pas dire que cela a été un long fleuve tranquille puisqu'il y a 4 ansnous avons rencontré de grosses difficultés à nouveau avec son comportement. Le décès de son papa, l'environnement dans lequel il évoluait et l'adolescence n'étant certes pas étrangers à tout cela. Mais il ne s'agissait pas que de cela. Il était re devenu très agité, totalement exaspérant à ne pas se contrôler quand on lui disait stop même au bout de la dixième fois. Pour qu'il finisse par comprendre on devait le "jeter", on avait même l'impression qu'il n'attendait que ça. Pas facile pour la maman que je suis de parler de la sorte à son enfant.

Il avait de plus ajouté une corde à son arc, à savoir un comportement intrusif au point qu' on se sentait agressé, surtout au moment des repas où cela ne le dérangeait pas de venir nous mettre sous le nez sa fourchette pour nous montrer et/ou nous faire goûter, rire à gorge déployée ou parler à tout va, que dis-je de crier. Il débordait en mots, en rires et même en câlins, tout était trop. Je ne compte plus le nombre de fois où il venu dans notre chambre au moment du coucher pour m'embrasser, me dire bonne nuit, me dire un dernier truc et puis recommencer.

C'était évidemment bien pire avant et après la prise de médicaments. Cela avait fini par peser sur notre famille, nous avons passé une bonne grosse année bien difficile, la tension était à son comble, son petit frère, tout comme lui et nous avons souffert de la situation. J'ai beaucoup crié, pleuré et culpabilisé aussi car j'ai souhaité qu'il parte de la maison. Jen avais plus que marre des conflits, j'avais besoin de souffler, de retrouver mon fils pour des moments heureux, re construire notre belle relation. Ses rendez-vous chez le psy n'y changeaient rien, de toute façon il ne voulait plus y aller.

J'ai souhaité qu'il parte de la maison

J'ai fin par retrouver mon fils bien dans ses baskets et tout est rentré dans l'ordre. Il paraît qu'à l'adolescence dans la majorité des cas le trouble diminue, dixit le psychologue du MPEA Nous avons changé de psychologue, une femme qui "parle", mon fils n'a pas aimé l'approche taiseuse du précédent, il ne savait jamais quoi lui raconter. Nous avons fini par trouver un nouvel équilibre, mon conjoint a dû taper du poing sur la table et lui a expliquer quels était son rôle et sa place au sein de (service médico-psychologique pour enfants et adolescents). MPEA qui n'a été d'aucun secours pour nous puisque contacté bien trop tardivement, les thérapies cognitives c'est essentiel mais à faire dès le début. notre famille recomposée. On lui a rappelé quelle était sa place à lui aussi et puis on a limité les rappels à l'ordre, on s'est fait encore plus fermes et on a tenu bon.

Je terminerai en disant que le bilan est malgré tout très positif, je crois que ce traitement a réellement été salvateur pour mon fils. Il suivait en classe et avait de bons résultats, mais perdait un temps infini à travailler du fait de son grand manque de concentration et de son agitation, il avait des problèmes d'endormissement et un petit souci de relationnel avec les autres enfants de son âge. Tout est résolu aujourd'hui et il ne rencontre plus que les problèmes liés à son âge, ce qui est bien suffisant :-)

Surtout n'hésitez pas à me solliciter si vous avez des questions, je me ferai un plaisir de vous répondre.

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